Abêtissant
Je me meurs à petit feu, guère mieux loti que la grenouille dans sa casserole frémissante. Je suis cloîtré dans cet espace confiné, dans cette boîte de carton-pâte dont je sais désormais que jamais je ne pourrais réchapper, destiné à y périr depuis que j’y suis entré. Mes journées se succèdent, uniformes, répétitives, insipides, aussi pathétiques que cruelles. Mes geôliers m'anéantissent sous le poids de leurs supplices. Je leur appartiens et suis condamné à leur obéir et souffrir si je désire survivre une journée de plus. Une triste et sinistre journée de plus.
Ne vous méprenez pas, ce n’est pas que je sois faible ou manque de vaillance. Je ne suis simplement pas en capacité de mettre fin à cette torture du quotidien. Vous apprendrez peut-être avec mes mots que même quand on veut, parfois on ne peut tout simplement pas. Mes poils ont beau se hérisser devant tant d’injustice, jamais ils ne seront en capacité de larder mes geôliers.
Mes tortionnaires m’ont longtemps mystifié et j’ai espéré, nourrissant l'illusion d'une échappée possible si je me pliais à leurs règles absurdes. À force d’être dressé par le bâton et dupé par la carotte, mon discernement s'est peu à peu effrité, jusqu’à en oublier qui j’étais, qui je suis. Aujourd’hui, je suis toujours là et toujours en vie, mais que je suis las aussi !
Ce dédale changeant, tour à tour déconcertant et obsédant, hante mes pensées en un perpétuel ballet nocturne et diurne. J'en viens systématiquement à bout, contraint d'y naviguer afin de glaner de quoi survivre jusqu'au crépuscule suivant. Je persiste, mais je suis, en toute vérité, réduit à l'état de rongeur captif, dont le sort est joué d’avance, le destin tragiquement scellé. Mes dés sont pipés.
J’ai fait mon deuil de ce vain espoir, et sais désormais que mon destin n’est pas celui d’un gagnant, ni même celui d’un perdant. C’est tout simplement celui du vieux rat de laboratoire que je suis, condamné à errer dans ce labyrinthe jusqu’à mon dernier souffle.
Ne vous méprenez pas, ce n’est pas que je sois faible ou manque de vaillance. Je ne suis simplement pas en capacité de mettre fin à cette torture du quotidien. Vous apprendrez peut-être avec mes mots que même quand on veut, parfois on ne peut tout simplement pas. Mes poils ont beau se hérisser devant tant d’injustice, jamais ils ne seront en capacité de larder mes geôliers.
Mes tortionnaires m’ont longtemps mystifié et j’ai espéré, nourrissant l'illusion d'une échappée possible si je me pliais à leurs règles absurdes. À force d’être dressé par le bâton et dupé par la carotte, mon discernement s'est peu à peu effrité, jusqu’à en oublier qui j’étais, qui je suis. Aujourd’hui, je suis toujours là et toujours en vie, mais que je suis las aussi !
Ce dédale changeant, tour à tour déconcertant et obsédant, hante mes pensées en un perpétuel ballet nocturne et diurne. J'en viens systématiquement à bout, contraint d'y naviguer afin de glaner de quoi survivre jusqu'au crépuscule suivant. Je persiste, mais je suis, en toute vérité, réduit à l'état de rongeur captif, dont le sort est joué d’avance, le destin tragiquement scellé. Mes dés sont pipés.
J’ai fait mon deuil de ce vain espoir, et sais désormais que mon destin n’est pas celui d’un gagnant, ni même celui d’un perdant. C’est tout simplement celui du vieux rat de laboratoire que je suis, condamné à errer dans ce labyrinthe jusqu’à mon dernier souffle.
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